mardi 6 septembre 2016

Blagues à caractère scientifique #5

Je profite d'une fin d'après-midi nuageuse pour faire un peu de ménage dans les dossiers d'images empilés sur mon bureau d'ordi. Et il s'avère que mes heures perdues sur internet ont encore payé : j'ai rassemblé de quoi concocter un nouvel épisode de cette splendide série consacrée aux blagues nerdy, geek et scientifiques. Bon, certaines n'ont qu'une lointaine connexion avec la science, mais ce n'est pas de ma faute si les animaux sont si mignons, les religieux et les complotistes si risibles et les Bogdanov si protubérants. S'agissant d'images glanées par-ci par là, je n'ai indiqué ni source ni crédit ; internet est une vrai jungle. Enfin, j'aimerais rappeler que cette série est inspirée par la chaîne de billets initiée par Rock’N Science. Bonne lecture :)



lundi 22 août 2016

10 nouvelles histoires extraordinaires chez nos amies les fourmis

La coloc de l'acacia à cornes

Un millimètre au garrot environ, six pattes et deux antennes Pseudomyrmex ferruginea pourrait être une espèce de fourmi comme les autres, ce qui n'est déjà pas si mal. Mais cette fourmi d'Amérique Centrale a une particularité extraordinaire : elle nourrit une relation symbiotique avec l'arbre qui lui sert de refuge ; l'acacia corne-de-bœuf.  Ce dernier tient son sobriquet des paires d'épines légèrement recourbées qui se forment sous les feuilles, et qui ressemblent, c'est le moins qu'on puisse dire, à des cornes de bovidés élancées :
Les cornes de l'acacia cornigera
L'acacia cornigera est un bien bel arbre, mais contrairement à d'autres acacias, ses feuilles contiennent très peu d'alcaloïdes, des molécules qui dissuadent les prédateurs de mâcher les feuilles en leur conférant un goût amer (il faut croire que des épines, ce n'est pas assez). L'arbre a donc dû se débrouiller autrement pour organiser la défense de son patrimoine : il sous-traite la sécurité. Ces cornes sont creuses et émettent un doux parfum qui attire les fourmis P. ferruginea, en particulier les reines nouvellement fécondées. Celles-ci finissent donc souvent leur périple orgiaque sur une branche d’acacia. Après l'état des lieux, elles s'installent confortablement dans cette cavité providentielle et grignotent une partie de l'intérieur, pour y pondre entre 15 et 20 œufs qui donneront naissance à la première génération d'ouvrières. Au fil des naissances, la colonie s'agrandit et squatte progressivement la plupart des épines. Les choses deviennent intéressantes dans une seconde phase, quand la colonie atteint environ 400 individus.
Pseudomyrmex ferruginea sur une corne d’acacia. Crédits : Alexander Wild

Les ouvrières se reconvertissent alors en agents de sécurité impitoyables : elles parcourent l'arbre en repérant toutes les petites bestioles nuisibles. A la moindre alerte, elles émettent une phéromone qui déclenche le branle-bas de combat. Appuyées par les renforts, elles fondent sur les menaces identifiées. Les plus petites, comme les fourmis coupe-feuilles, sont purement et simplement taillées en pièces, et les plus grosses, comme les chèvres voraces, sont effarouchées à coup de piqûres sur la langue. Il parait que grâce à ce traitement, bon nombre d'animaux ont appris à se tenir éloigner de ces arbres maudits. Et ça ne s'arrête pas là : les fourmis éliminent aussi les plantes parasites comme certains lierres, et nettoient la base de l'arbre de tout noyau ou graine susceptible de germer et de rentrer en compétition avec l'acacia. Tout ça en échange du gite ? Pas seulement : l'acacia sert aussi le couvert ! Il produit en effet de petites excroissances, appelées corps beltiens, riches en lipides et en protéines, qui n'ont d'autre fonction connue que de faire le bonheur des fourmis.
Pseudomyrmex ferruginea en train de dévorer les corps beltiens de l'acacia à cornes. Crédits : Alexander Wild



Last but not least : le dessert. L'acacia sécrète en effet un nectar sucré, produit au niveau des bien nommées nectaires, qui fournit aux fourmis le sucre dont elles ont besoin.

La spirale de la mort

Des fourmis engagées dans une spirale de la mort
Le phénomène de la spirale de la mort est probablement connu depuis des millénaires, mais c'est le naturaliste américain William Beebe (une multitude de blagues se bousculent dans ma tête) qui en fit la première description "scientifique" en 1921 : il observa des milliers de fourmis légionnaires - qui sont aveugles - tournant en rond, décrivant un cercle de 365 mètres de circonférence (365 ! Coïncidence ? Je ne pense pas). Les fourmis mettaient deux heures et demie à le parcourir, et ne semblaient pas poursuivre un but précis. En fait, chaque fourmi suivait la piste de phéromones laissée par la fourmi précédente. Comment en étaient-elles arrivées là ? Mystère. Toujours est-il qu'elles poursuivirent leur course insensée jusqu'à mourir d'épuisement.


En 1936, un autre biologiste, T.C Schneirla observa le même phénomène et en fit un article huit ants plus tard. A croire que lui aussi fit l'expérience de la spirale infernale.




Depuis, le phénomène a été étudié et reproduit en laboratoire, et des phénomènes similaires ont été observées chez certaines chenilles processionnaires ou certaines espèces de poissons. Mais on ne sait pas encore exactement ce qui, en milieu naturel, provoque la formation du cercle : comment une piste se referme t- elle sur elle-même ? Il est possible qu'une seule fourmi soit à l'origine du phénomène ! Il suffirait par exemple qu'elle se trouve éloignée, pour n'importe quelle raison, de la piste principale (point A), et qu'au lieu de la rejoindre en allant de l'avant, elle récupère la file en amont (point B) :


Arrivées au point A, les fourmis auront donc le choix de choisir entre deux chemins, et il suffit qu'une faible majorité préfère la piste accidentelle pour qu'elle devienne la piste principale. C'est une sorte de bug dans leur processus d'auto-organisation.

Dr Aphide and Mr Greenfly

Dans l'épisode précédent, le regretté Howard Fourmi Lovecraft avait évoqué le cas monstrueux des fourmis du genre Adetomyrma, qui vampirisent leurs propres larves en suçant leur lymphe. Le cas des pucerons Paracletus cimiciformis est tout ainsi horrible. Ces aphides existent en deux versions génétiquement semblables, mais morphologiquement différentes :
Paracletus cimiciformis. Crédit : Angel Umaran
La première, qui ressemble vaguement à un vieux raisin joufflu et pelé, entretient avec les fourmis Tetramorium semilaeve les relations habituelles : elle produit un miellat que les fourmis récoltent. En échange, les fourmis nettoient les pucerons et assurent leur défense. Mais la seconde, une sorte d'olive rabougrie, a décidé de ne pas s'en tenir à cet échange mutuellement bénéfique, en adoptant une forme qui imite la cuticule des larves de fourmis. Ces vicieuses contrefaçons sont transportées au sein même de la colonie par des fourmis qui pensent s'occuper de leurs propres juvéniles. Bien au chaud, et sans éveiller le moindre soupçon, elles percent alors la peau des vraies larves pour sucer leur hémolymphe. L'équivalent myrmicéen du loup dans la bergerie.

Comment deux stratégies aussi différentes peuvent-elles être maintenues dans une population génétiquement semblable ? La réponse tient dans la mise en œuvre d'une stratégie globale : l'été, les pucerons donnent naissance à des rejetons ronds et dodus, qui distribuent du miellat à tout va. Mais quand la bise fut venue, ces hypocrites scélérats donnent naissance à des générations de pucerons oblongues, verts et aplatis, qui duperont les pauvres fourmis. Elles passeront l'hiver bien au chaud et seront en pleine forme pour assurer une nouvelle saison de duplicité.

La fourmi ninja esclavagiste 

Temnothorax pilagens, aka la fourmi ninja esclavagiste. Crédit : Joe MacGown
Ah l'esclavagisme, il n'y a que ça de vrai ! D'ailleurs, si vous voulez savoir combien d'esclaves travaillent pour vous aujourd'hui, jetez un œil à cette page. Mais je m'égare. Temnothorax pilagens, une fourmi découverte il y quelques années aux Etats-Unis n'a pas encore établi d'usines à l'autre bout du monde pour fabriquer ses antennes. Alors il lui faut de la main d'œuvre, qu'elle va recruter de force chez les fourmis ses voisines (pilagens signifie "pillard" en latin). Contrairement à d'autres espèces, qui mènent des raids pharaoniques, pilagens justifie son surnom en s'introduisant dans les fourmilières façon Jason Bourne ou Solid Snake. Pour cela, pas de camouflage optique (elle s'infiltre d'ailleurs uniquement chez des espèces anatomiquement proches) mais un mimétisme olfactif, bien plus efficace. En groupe de trois ou quatre, elles s'introduisent incognito dans les nids ciblés. Puis, elles repartent en emportant des larves, voire des fourmis adultes, sans éveiller le moindre soupçon.

Il arrive cependant que la pillarde soit démasquée. Dans ce cas, pas de pitié : la fourmi tentée de sonner l'alarme est froidement éliminée grâce à une attaque ninja ; une piqûre au cou qui provoque une paralysie quasi instantanée, suivie d'une mort rapide.

Le formicage

Des geais se livrent au formicage passif. Crédit : Shari Burnett
It's understood that hollywood sells califormicatioooon. Le formicage donc, c'est cette pratique un tantinet maso à laquelle s'adonnent certains oiseaux pour, c'est une des hypothèses avancées, se débarrasser de leurs parasites. L'autre hypothèse à ne pas exclure, c'est que les volatiles trouvent du plaisir à se faire ainsi titiller le derme. Il existe deux versions : active et passive. Dans le premier cas, les oiseaux se saisissent d'une ou de plusieurs fourmis ouvrières, et s'en servent comme d'un applicateur désinfectant : les pauvres insectes agressés se défendent comme ils peuvent à coups de jets d'acide formique, ce qui a pour effet de tuer ou de rendre complètement groggy les puces, tiques et autres indésirables bestioles qui squattent le plumage. Dans le deuxième cas, les oiseaux se contentent de s'étaler de tout leur long sur une fourmilière, et de se faire copieusement arroser.

Dans les deux cas, on pourrait penser que les fourmis n'ont pas grand-chose à gagner à se faire brutaliser de la sorte. Surtout qu'elles finissent souvent par se faire manger. Mais ce n'est peut-être pas toujours le cas : on a en effet observé certaines fourmis en train de cueillir gentiment les parasites en question, pour les conduire directement à leurs réserves de nourriture. Pour plus de précisions, notamment sur les comportements de différentes espèces d’oiseau, on peut lire cette discussion sur le forum myrmecofourmis.

La fourmi argentée saharienne

La fourmi argentée du Sahara possède des poils aux propriétés optiques étonnantes. © P. Landmann
Cataglyphis bombycinus a dû tirer la courte paille le jour où les espèces de fourmis se sont partagés les points de chute. Elle habite en plein désert, où la température du sol atteint 85° et le taux d'humidité frôle les 0% en pleine journée. Elle doit aussi composer avec la menace des prédateurs : elle s'arrange pour sortir lorsque les lézards roupillent. Sa tête rouge lui vaut le surnom de "fourmi chrétienne" parmi les Touaregs (rapport à la consommation de vin). Pour survivre dans ces conditions extrêmes, elle a développé plusieurs adaptations particulièrement intéressantes : 

Une combinaison de poils réfléchissants : disposées en bandes alternées, et semblant soigneusement peignés, ils constituent un bouclier thermique qui fonctionne à deux niveaux : premièrement, ils réfléchissent la lumière visible et une partie des rayons infra-rouges, d'où l'aspect argenté. Ces poils possèdent aussi un pic d'émission dans les infrarouges moyens, ce qui leur permet d'évacuer de la chaleur sous forme de rayonnement. 
Les poils de Cataglyphis bombycinus. Crédit: Norman Nan Shi et Nanfang Yu, Columbia Engineering
Ces propriétés sont liées à la structure microscopique des poils : leur section n'est pas circulaire mais triangulaire. Pourquoi triangulaire ? Les mathématiciens seraient peut-être tentés de répondre que c'est parce que c'est la première forme en 2D qui présente les particularités voulues : des faces bien planes - pour réfléchir le rayonnement - et une surface non nulle.
Les poils de la fourmi argentée saharienne. Crédit : Norman Nan Shi et al. Université de Colombia. 
Une démarche de sprinteuse : en dehors du nid, elle se déplace comme un vacancier qui s'aventure pieds nus sur un sol brûlant, à la vitesse vertigineuse de 1m/s. Sachant qu'elle mesure moins d'un centimètre, on peut s'amuser à comparer ses performances avec les nôtres : c'est comme si nous courions à 180 m/s, soit 648 km/h. Ses longues pattes lui permettent de minimiser les contacts avec le sol et elle adopte une marche quadrupède, en repliant sa première paire de pattes. 

Un système de géolocalisation solaire : elle est capable de se guider grâce à la position du Soleil. Durant sa course, elle s'arrête fréquemment pour estimer sa position. On pense qu'elle est capable d'estimer la distance parcourue en "comptant" ses pas. Ainsi, elle peut rentrer directement au nid en ligne droite, sans s'arrêter pour chercher ses tongs. Encore plus étonnant : elle montre les mêmes capacités lorsqu'elle porte ou qu'elle tire une carcasse, alors que la longueur de ses pas et sa vitesse sont alors irrégulières. 

Des protéines de choc thermiques : ces molécules maintiennent et régulent la fonction des protéines dans le corps de la fourmi, malgré l'élévation de la température. Pour une efficacité optimale, elles produisent ces protéines avant de sortir. J'aimerais pouvoir en faire autant. 

Un nid climatisé : construit à seulement une trentaine de centimètres de profondeur, il y règne une température moyenne de 27° seulement, et il est particulièrement humide. 

Le Soleil qui lui impose ce mode de vie infernale lui fournit également sa pitance : la fourmi saharienne se nourrit en effet presque exclusivement des cadavres d'animaux tués par la chaleur. Sa journée de chasse se déroule ainsi : des sentinelles guettent le moment où les lézards se retirent dans leur tanière pour se protéger de la chaleur, toujours vers la même heure, lorsqu'il fait environ 47°. Dès que le signal est donné, la colonie entière s'élance hors du nid et commence à chercher de la nourriture. Les fourmis ont environ dix minutes pour trouver un maximum de ressources, et doivent rejoindre le nid le plus vite possible. Lorsque la température dépasse les 53,6°, elles succombent rapidement. Si elles le peuvent, elles font une halte sur un point en hauteur : ainsi éloigné du sol, elles peuvent abaisser un tantinet leur température corporelle et s'allouer de précieuses minutes. 

Pour plus de détails, on peut lire cet article captivant sur le blog nature-extrême.

Cataglyphis bombycinus au boulot. Crédits ici

L'usurpatrice 

L'azurée de la croisette (Phengaris rebeli). Crédit : elminino
"L'azurée de la croisette" : un bien joli nom pour ce petit papillon, malheureusement menacé en France. Bon, il n'est pas vraiment volé, le lépidoptère est effectivement bleu, aussi bleu que les fleurs de la gentiane de la croisette, où il passe énormément de temps. Si j'en parle ici, c'est évidemment parce qu'il fricote avec les fourmis, avant même de devenir un papillon. La chenille de Phengaris rebeli a en effet trouvé l'astuce ultime pour se faire dorloter : elle imite, non seulement la larve, mais aussi la reine de certaines fourmis. Elle est ainsi traitée comme telle par la colonie qui la protège comme une souveraine légitime. Comment réussit elle ce tour de force ? Tout commence lorsque l'azurée de la croisette pond ses œufs : elle repère un nid de fourmis et pond ses œufs sur des plantes à proximité. Lorsqu'il éclot, l’œuf libère une minuscule chenille qui vient choir à l'entrée du nid. Là, elle attend que des ouvrières consciencieuses, dupées par son aspect et son odeur la trouvent et la ramènent au nid.

"C'est clairement leur point faible, ce manque de contrôle au niveau des larves, je ne sais pas qui est responsable de la sécurité mais ce n'est pas rassurant !" (Christian Esfourmi, maire de Myrce).

Une fois confortablement installée, la chenille est choyée par les ouvrières, qui ne se rendent compte de rien.

"Les chenilles viennent jusque dans nos nids, voler notre pain !" (L'azurée LePen, lauréate de concours bovin).

La duperie prend alors une allure nouvelle : la chenille imite les stridulations que la reine produit en grattant son abdomen strié - inaudible pour l'oreille humaine - ce qui lui vaut un traitement de faveur ainsi que la ferveur populaire. Un cas remarquable de mimétisme acoustique.

"Si vous ajoutez à cela le bruit et l'odeur.. heu ... écoutez... (ronflements)" (un démon japonais)

L'histoire ne se termine pas là. Même lorsque la chenille devint une chrysalide, elle continue d'imiter les sons monarchiques, de façon nécessairement différente, et d'émettre des phéromones royales.

Dans son commentaire, Mickaël me précise que ce type de comportement vis à vis des fourmis n'est pas l'apanage de l'Azurée de la Croisette, mais qu'on le retrouve chez tous les représentants du genre Phengaris.

Des fourmis s'occupent de la pupe de l'azurée de la croisette. Crédit : Marcin Sielezniew
Bien au chaud dans sa pension royale, on s'imagine qu'elle n'a plus grand chose à craindre. Mais bien sûr, la nature a trouvé une façon bien à elle de retourner la situation, au profit d'une guêpe, qui vient pondre ses œufs dans les chrysalides. Mais c'est une autre histoire, que je vous invite à lire sur le blog SSAFT. 

La fourmi kamikaze

Chez les fourmis, on pense collectif avant tout, et de nombreux comportements ne produisent pas de bénéfice individuel notable, raison pour laquelle elles échouent généralement aux entretiens d'embauche de la B.N.P.

Camponotus saundersi et Camponotus cylindricus, deux espèces de fourmis charpentières que l'on trouve en Malaisie, poussent l'esprit de sacrifice un peu plus loin : en dernier recours, elles pratiquent une sorte de hara-kiri chimique qui garantit la sécurité du nid au prix de leur vie.

Ces fourmis possèdent des glandes mandibulaires hypertrophiées, qui sécrètent un liquide gluant et corrosif. Lorsqu'un combat tourne à leur désavantage, ou quand elles se trouvent encerclées sans entrevoir d'issue, elles contractent violemment les muscles de leur abdomen, ce qui provoque la rupture de leur estomac et l'explosion de leurs glandes. Les ennemis, ainsi que la fourmi suicidaire, se retrouvent alors piégés dans la glu.
Camponotus saundersi en pleine attaque-suicide, source ; ici

La Mouche

Il est temps de retrouver votre auteur favori, Howard Fourmi Lovecraft :

30 Juillet : Je ne trouve plus le sommeil. Elles disent que c'est la chaleur, le contrecoup de l'attaque du geai, mais ce n'est pas cela. Quelque chose d'horrible est sur le point de se produire, je le sens. C'est une menace indistincte mais proche. La peur s'est emparée de moi et je ne puis m'en détacher.

3 août : J'ai dormi quelques heures, mais à quel prix ! J'ai fait d'atroces cauchemars, je rêve qu'une créature démoniaque me décapite, pour ensuite vivre dans ma tête. 

14 août : On commence à me dévisager, à m'adresser des regards inquiets. Je ne suis plus la même, j'ai la sensation étrange de ne plus commander à mon corps. Je n'arrive même plus à me concentrer sur mes tâches. J'ai des hallucinations, j'oublie ce que j'ai fait la veille. Mon dieu, je deviens folle, j'ai l'impression qu'un monstre grandit en moi et dicte mes actions. Ma tête me fait horriblement souffrir. 

18 août : je me suis réveillée à l'entrée du nid, sans savoir comment j'y était parvenue. J'ai froid. J'ai demandé de l'aide mais personne ne semble me comprendre. Je n'arrive plus à parler. Je vomis des mots incompréhensibles. Les autres fourmis me regardent avec méfiance et dégoût ! Je ne sens plus rien, et mes maux de tête sont de plus en plus violents. Je le sais à présent : je vais devenir folle. Et mourir.

21 août : La fin est proche ! Aujourd'hui, j'ai vécu l'expérience la plus effroyable qui soit. J'ai vu, oh mon dieu ! J'ai vu comme une patte sortir de mon œil. Mes journées et mes nuits ne sont plus qu'un délire épouvantable. 

22 aout : Je couche ici mes derniers mots. Je dois fuir. Ne me regardez pas. Ne me voyez pas. Je dois mourir.

Le journal s'arrête ici. Je l'ai retranscrit tel que je l'ai trouvé. Le corps de la malheureuse ne fut pas retrouvée, mais les gens du coin furent néanmoins en mesure de me raconter ce qui s'était passé, car ils savaient trop bien le mal qui s'était emparé d'elle. La Mouche, c'est ainsi qu'ils l'appellent, cette horrible créature qui les ronge de l'intérieur.

Howard Fourmi Lovecraft

Une fourmi aux prises avec une mouche Pseudacteon. Crédit : National Geographic
Ce passage est inspiré de ce que subissent certaines espèces de fourmis lorsque des mouches du genre Pseudacteon leur injectent des œufs. La victime ne se rend compte de rien, mais la larve se développe dans son corps et migre vers le cerveau. La larve finit par prendre le contrôle de la fourmi et lui intimer l'ordre de quitter la colonie et de s'éloigner d'une cinquantaine de mètres : les autres fourmis suspicieuses pourraient se rendre compte de la transformation et décider de se débarrasser de cette menace naissante. Lorsque la jeune mouche est prête, elle se libère de son hôte en le décapitant. 

Une fourmi décapitée par une mouche Pseudacteon. Source : Gurumed
Cerise sur le gâteau : la mouche utilisera la tête évidée pour compléter son cycle. Bon ap.
Une mouche Pseudacteon émerge d'une tête de fourmi. Source : Gurumed

Le rite initiatique des bullet-ants


Ce gamin n'a pas l'air jouasse avec ces nouvelles moufles, et pour cause : vous connaissez l'ice-bucket challenge ? Au Brésil, chez les Sateré-Mawé, il y a le bullet-ants challenge, une version hardcore qui n'a bizarrement pas encore été utilisé dans des campagnes d'appels au don.

Il s'agit, à proprement parler, d'un rite initiatique censé introduire un jeune garçon dans l'âge adulte. Ce rite consiste tout simplement à faire l’expérience de la pire douleur possible, et je ne parle pas de calculs rénaux. Pour devenir un homme, le jeune Mawé doit plonger les mains dans de jolis gants farcies de centaines de fourmis Paraponera clavata, surnommées "the bullet ant" par les anglo-saxons. Leur piqûre a en effet la réputation d'être aussi douloureuse que l'impact d'une balle de fusil (il faut croire qu'il y a donc sur Terre de fieffés veinards, qui se sont fait ET tirés dessus ET piqués par ces vilaines bestioles).

Mais revenons au rite : la première étape consiste à farcir des gants végétaux de fourmis, endormies grâce à un sédatif naturel. Lorsqu'elles se réveillent, le jeune homme doit enfiler les gants et les garder 10 minutes. Commence alors un calvaire insoutenable. Les insectes agressés et pris au piège réagissent en piquant la peau du malheureux : chaque fourmi peut piquer plusieurs fois par seconde. A chaque piqûre, elles injectent une neurotoxine paralysante qui provoque une douleur indescriptible, jugée comme la plus intense sur l'index de Schmidt. Les fourmis s’engrènent les unes les autres en libèrant des phéromones de guerre. Au bout de dix minutes, le garçon peut enlever les gants et évacuer la douleur en dansant (apparemment, ce n'est pas très efficace). Ses mains et ses bras resteront paralysés durant 24 heures et il souffrira de tremblements incontrôlés pendant plusieurs jours. Et dire qu'il devra répéter ce rite une vingtaine de fois avant de gagner le respect des anciens. Je suis sûr qu'une femme s'en sortirait mieux. Pour vous donner une petite idée :


That's all folks !

Si ces histoires vous ont plu, vous pouvez lire les dix premières ici. On trouvera aussi de croustillantes anecdotes dans cet article du blog Strange Stuff And Funky Things. Et voici quelques liens si vous avez envie d'en savoir plus :

Au sujet des spirales de la mort : la page wiki en anglais, une étude et une autre en anglais aussi.

Au sujet des fourmis argentées du Sahara : cet article, et celui-ci en français, et cette étude et cet article en anglais.

Au sujet du formicage : cet article en anglais

Au sujet des pucerons vampires : ce papier en anglais

Au sujet de la chenille usurpatrice : cet article en français, et celui-ci, plus détaillé mais en anglais.

Au sujet de la fourmi ninja esclavagiste : cet article et celui-ci, en français.

jeudi 30 juin 2016

Art et Sciences #7 Microbial Art et art bactérien : des œuvres d'art dans des boites de Pétri

Bactéries ! Bactéries ! Bactéries ! A chanter sur l'air de Bicycle Race de Queen. Hem. Donc dans cet épisode d'Art et Sciences, on va parler de bactéries à toutes les sauces. Pas très ragoûtant a priori, mais si vous avez lu mon petit billet sur les bactéries fractales, vous savez déjà que ces microscopiques organismes peuvent parfois réserver de jolies surprises :)

Au menu de cet épisode : Maria Peñil Cobo, une  artiste peintre qui peint des peintures avec des bactéries, le Agar Art Contest, les portraits en pixels bactériens de Zachary Copfer, les sculptures bactériennes de Rogan Brown et le Daily Dish de Klari Reis. Bonne lecture !

samedi 28 mai 2016

Des photos de fleurs au macro

Depuis qu'on m'a offert un objectif macro il y a quelques années, j'ai amoncelé quelques photos sympas qui, soit dit en toute modestie, pourraient faire des fonds d'écran très sympas pour des téléphones portables milieu de gamme. Je n'ai bien sûr aucun mérite : l'objectif fait tout, c'est presque magique. On pourrait photographier un truc petit et moche, comme un ancien président, que ce serait quand même beau (l'année prochaine, je m'achète un objectif grand angle pour les Bogdanov). J'imagine qu'on doit pouvoir faire des photos vraiment sensationnelles quand on s'en sert bien et qu'on a pris le temps de lire le mode d'emploi. En attendant ce jour six fois béni, voici un petit billet en images. J'aurais aimé le publier plus tôt, mais j'attendais l'arrivée du printemps. La nomenclature est hasardeuse car j'ai préféré une mémoire biologique et défaillante à une carte SD. La prochaine fois, je prends les plaques en photo. Si je n'oublie pas. Et puis je compte sur vous pour me renseigner :)

mardi 19 avril 2016

La cité engloutie de Mahabalipuram

Comme je n'arrive pas à alimenter régulièrement les différentes rubriques de ce blog, j'ai décidé de réagir efficacement et d'en rajouter une. J'inaugure donc ici une série de billets consacrés à l'archéologie, pour laquelle je nourris une passion romantique, en aucune manière influencée par un certain aventurier ophiophobe et mal rasé. Je n'ai pas encore trouvé de nom accrocheur, mais sachez qu'il y aura des cités légendaires, des temples maudits, des artefacts sacrés, des trésors oubliés, des sacrifices rituels et bien sûr, des blagues pourries sur Indiana Jones. J'entame cette série avec l'histoire de la cité engloutie de Mahabalipuram, la légendaire "Sept Pagodes".
Le Temple du rivage de Mahabalipuram. Crédits : Wikipédia

vendredi 26 février 2016

Blagues à caractère scientifique #4

Oh que j'ai honte : je passe tellement de temps sur Facebook que j'ai déjà la matière pour une quatrième compilation de blagues de geek/nerd/science ! Cette série est inspirée par la chaîne de billets initiée par Rock’N Science. Vous pouvez retrouver le premier opus ici, le second ici et le troisième ici. Comme d'hab, presque tout est en anglais, mais je commence à trouver quelques petites choses en français. Je re-re-re-renouvelle mon invitation à visiter le site Strip Science, qui regroupe le fleuron avant-gardiste de la B.D scientifique française. Et comme toujours, les suggestions sont plus que bienvenues. Bonne lecture :)

jeudi 4 février 2016

6 bonnes raisons d'aller voir l'ExoConférence d'Alexandre Astier

Depuis le temps qu'on me parle de l'ExoConférence d'Alexandre Astier ("ExoConf" pour les habitués), j'ai cédé à la pression populaire et je suis allé voir le spectacle vendredi dernier (merci pour les places Rodolphe, c'est con que t'aies préféré Gérardmer). Bon, ben je vous le dis tout net : c'est bien. Et ça c'est chiant. C'est chiant parce que je ne vais pas pouvoir jouer mon snob, comme  je l'avais fait pour ma critique du livre Seul sur Mars. Bon, y a quand même un ou deux trucs que j'ai trouvés pas top, notamment le fait qu'il se pointe sur scène avec une seule barquette de framboises pour 4 000 personnes, et la fille qui riait trop fort juste devant nous. Mais j'y reviendrai à la fin de ce billet. En attendant, voici six bonnes raisons d'aller voir l'ExoConf d'Alex (pour les intimes), que vous soyez physicien alcoolique, brancardier de cinéma, avaleur de sabres ou vicaire copernicien.

mardi 19 janvier 2016

Beautiful Science 6

2015 fut pourrie, et 2016 commence mal. Mais il n'y aucune raison pour que le reste de l'année ne soit pas abracadabrantesque ! Enfin sauf si elle fait "pshitt" #lol #chirac. Je l'entame avec nouvel épisode de rhino et de Beautiful Science. Le principe, qui vaut un succès grandissant à cette rubrique cotée en bourse, reste inchangé : des images scientifiques, liées par leurs formes, couleurs et motifs, de l'infiniment petit à l'infiniment grand. Et j'attaque fort, avec une photographie de l'Univers tout entier. Bonne année 2016, vive la science !


jeudi 24 décembre 2015

vendredi 11 décembre 2015

Blagues à caractère scientifique #3

Il faut bien que mes heures perdues sur internet me soient rentables d'une façon ou d'une autre. Voici donc une nouvelle compilation de blagues scientifiques, nerdy ou geeky à souhait. Elle fait suite à la chaîne de billets initiée par Rock’N Science, à laquelle je contribue en images parce que je raconte mal. Vous pouvez retrouver le premier opus ici et le second ici. Comme d'hab, presque tout est en anglais, mais la science n'a pas de langue. Or does it ? Anyway, bonne lecture :) Je re-renouvelle aussi mon invitation à visiter le site Strip Science, qui regroupe le nec plus ultra de la B.D scientifique française. Et comme toujours, les suggestions sont plus que bienvenues.

mercredi 25 novembre 2015

Les bactéries fractales

Avant de revenir vers la physique, je fais une halte en chemin, avec un petit billet situé au point triple Art-Microbiologie-Mathématiques, consacré aux colonies de bactéries qui forment des figures fractales : comment diable ces organismes parviennent-ils à produire des structures si élaborées ? Bon, et il y a quand même un peu de physique. Et un peu de politique. Mais il y aussi beaucoup de chouettes photos. Vous pouvez donc vous contenter, comme Nadine Morano en CM2, de ne regarder que les images. Bonne lecture :)

mercredi 11 novembre 2015

Art et Sciences #6 Lumières, réflexions et projections

Si l'on note n le nombre de billets publiés ici dans la rubrique "Art et Sciences", alors on peut aisément retrouver le nombre b de brouillons d'articles qu'il me reste à publier dans la même catégorie, donné par b  = 3n². C'est pourquoi ce lumineux épisode est un peu plus long que les précédents ; il a été couvé pendant plus de 6 mois. Il est consacré aux œuvres numériques projetées sur des visages, des monuments ou des bâtiments. Psychédéliques, poétiques et esthétiques, ces créations explorent tout un nouveau champ de possibilités. Bonne lecture : )

mardi 6 octobre 2015

Seul sur Mars : la critique du livre, en attendant le film !

Voilà. On va encore dire que je suis un snob, que je suis blasé et que je n'apprécie rien. Mais tant pis, j'y vais quand même de ma petite critique. Seul sur Mars n'est pas nul, loin de là. Il a cette qualité rare d'être hyperréaliste sans être trop chiant, et l'histoire est captivante. Mais à mes yeux, ce n'est pas un livre. Plutôt un bon scénario de film... Je sais, je vais devoir argumenter.

jeudi 13 août 2015

Blagues à caractère scientifique #2

En Novembre dernier, je bricolai une petite compilation de dessins scientifiques et humoristiques, en guise de contribution à la chaîne de billets initiée par Rock’N Science. Depuis, je continue à mettre de côté les petites découvertes drôles et débiles que mes heures d'errance insensée sur le net ont favorisées. Comme la dernière fois, la plupart est en anglais, mais s'agissant de dessins parfois très cons, ils sont très faciles à comprendre. Je renouvelle aussi mon invitation à visiter le site Strip Science, qui regroupe le nec plus ultra de la B.D scientifique française. Et comme toujours, les suggestions sont plus que bienvenues. Enfin, comme le dernière fois, j'ai inclus une petite vidéo à la fin du billet. Bonnes vacances !



lundi 27 juillet 2015

Beautiful Science #5

Il me manquait une accroche pour lancer ce 5e épisode de Beautiful Science. Mais en mettant la dernière pierre à l'édifice, tout en sirotant un verre de gallium, je me suis aperçu que le blog avait franchi le million de visites. Et moi qui comptais fêter cette occasion avec un super concours, un voyage dans l'espace et le lancement de ma ligne de lingerie. Bon, j'ai loupé le coche, mais je balance quand même les images (pas celles de la lingerie, on verra ça plus tard) ! Le principe est toujours le même : 50 images scientifiques reliées par un fil rouge que j'espère esthétique. Formes, couleurs et structures se suivent, se répètent ou se mêlent sans considération d'échelle, de race ou de religion. Vive la Science !

samedi 13 juin 2015

Des photos macro de bismuth fondu

Ouaip, je prépare un petit billet sur la cristallisation du bismuth ! J'ai fondu environ 100 grammes aujourd'hui pour voir un peu ce que ça donnait, sans chercher à former des cristaux. J'ai versé le bismuth en fusion dans un ramequin ; au contact de l'air, le bismuth s'oxyde et devient iridescent. Et c'est trop beau ! Du coup, avant même de parler cristallographie et de faire des blagues pourries sur Paul B.,  je vous balance mes photos :)
Bismuth fondu puis solidifié, à l'objectif macro. Crédits : Karim Madjer

lundi 11 mai 2015

Le mystère des murs incas

Les murs incas, et c'est là un fait connu depuis la création du nouvel ordre mondial, ont été conçus par une civilisation extra-terrestre qui savait exploiter l'énergie tellurique grâce à une amulette chocolatée en forme de gnou. Comment exactement ? Et bien, c'est là que le bât blesse ; on n'en sait fichtre rien.  Les scientifiques ont élaboré quelques théories, en travaillant notamment sur des billets de cinéma Indiana Jones 4 retrouvés lors de la construction du MK2 Bibliothèque à Paris. Certaines sont vraiment saugrenues, et prétendent que les incas auraient été capables d'ériger seuls ces démoniaques assemblages. D'autres, plus raisonnables, font appel à des plantes magiques ou même à du jus d'insectes. Il semble néanmoins que chaque étape de la construction d'un mur inca soit encore aujourd'hui auréolée de mystère. Sweet Random Science fait le bilan d'une décennie d'affrontements idéologiques, qui aura servi in fine à ne prouver qu'une seule chose : la suprématie du Gecko Tonitruant et des briques Lego.

vendredi 6 mars 2015

A pale blue dot - Un point bleu pâle, de Carl Sagan, en VOST

A pale blue dot, Un point bleu pâle en français : c'est le nom d'une célèbre photographie prise il y a 25 ans par la sonde Voyager 1. On y aperçoit la Terre, minuscule poussière illuminée par le Soleil, perdue dans l’immensité du vide. A pale blue dot, c'est aussi le titre d'un livre de Carl Sagan, qui explore des thèmes chers à l'auteur : l'insignifiance de l'Homme, sa prétention à être le centre de l'Univers, les vols spatiaux habités, et l'avenir possible de l'Humanité, loin de la Terre. On y trouve un passage particulièrement touchant ; un texte court, marquant et poétique, qui met en perspective notre existence, et qui souligne l'absurdité des conflits et la vanité de l'Homme. Ce n'est pas pour autant un texte moralisateur ou pessimiste, au contraire ! Si on pouvait faire lire ça aux gamins plutôt que de leur apprendre la Marseillaise, le monde serait un tout petit peu meilleur.

Je vous invite à (re)découvrir ce merveilleux passage en vidéo. Le texte est lu par Carl Sagan lui-même, et la vidéo est extraite de la conclusion de la nouvelle et superbe version de la série Cosmos : A Spacetime Odyssey. Ma seule contribution est une adaptation de la traduction proposée sur wikipédia et un sous-titrage laborieux. Vous trouverez ci-dessous la vidéo originale sous titrée en anglais et la vidéo sous-titrée en français.



Si la vidéo ne fonctionne pas correctement, cliquez ici pour une vidéo alternative, également sous-titrée en français.

mercredi 11 février 2015

10 petites histoires de mimétisme et de camouflage

Des papillons déguisés en feuilles ? Des phasmes en branches ? Bof, c'est d'un banal. Noooon, j'ai bien mieux aujourd'hui : des oisillons déguisés en chenilles toxiques, des chenilles grimées en serpents, des lianes qui changent de forme à volonté et même des larves camouflées en crottes ! En tout, 10 petites histoires de mimétisme ou de camouflage extraordinaires !

mercredi 4 février 2015

Art et Sciences # 5 La musique de π, celle des arbres, et le clip de physique ultime

5 ème petit épisode d'Art et Sciences sur ce blog (alors que je devrais en être au douzième) ! Au menu du jour : la musique du nombre π, des disques en bois sur une drôle de platine et un clip électro ultimement cool, où la physique est à l'honneur. Bonne lecture :) 

mercredi 28 janvier 2015

Discussion sur l'écoulement du temps #2 Ma théorie d'ado sur la décohérence et l'émergence du temps

Dans l'épisode précédent, j'abordais quelques notions "classiques" et inévitables quand on commence à s'intéresser au temps : l'entropie et la causalité, entre autres. Dans ce second épisode, mon intention était de poursuivre sur ma lancée, en m'intéressant à l'écoulement du temps au niveau d'une particule. Je n'ai eu ni le temps ni le courage de me plonger dans les équations, alors je vous propose une lecture plus abordable : ma tentative de théorie sur l'émergence du temps, élaborée au lycée. Toute naïve qu'elle soit, elle a le double mérite, sur un plan personnel du moins, de poser clairement la nature des interrogations qui me turlupinaient à dix-sept ans et de me permettre de poursuivre ma réflexion dix-sept ans plus tard. Au programme : flèche du temps, "spin temporel" et décohérence. Quant au lecteur, il la lira, si ce n'est avec intérêt, avec le regard affectueux et nostalgique qu'on adresse aux enfants imaginatifs :)

jeudi 15 janvier 2015

Mesurer la taille d'une molécule de savon (Expériences bibliques sur la tension de surface #2)

Et voilà, encore une fois, Noël est passé comme un photon solaire : bien trop vite et en ignorant la moitié de la planète. Mais que cela ne m'empêche pas de vous adresser mes meilleurs vœux ! Comme annoncé dans l'ancien testament, voici venir l'épisode 2 des expériences bibliques sur la tension de surface, consacré aux tensio-actifs. Au menu : expériences faciles et mesure de la taille d'une molécule de savon, livrées avec leurs bonus bibliques. Si vous avez des lacunes en hébreu, en écritures saintes et que le terme tension de surface ne vous dit rien, je vous laisse réviser les grands principes dans l'épisode précédent.

Previously, in desperate liquids :

jeudi 8 janvier 2015

mercredi 10 décembre 2014

Expériences bibliques sur la tension de surface. Episode 1

C'est bientôt l'hiver, le jour dure trois heures et les sanglots longs des violons de l'automne blessent votre cœur d'une langueur monotone. En sortant de la douche, vos cheveux restent collés et vous donnent l'air d'un cadavre de loutre. Un peu plus tard, vous nettoyez rapidement le café renversé avec une feuille de sopalin. A la radio, l’élection de Sarkozy à la tête de l'UMP est confirmée. La journée commence mal.. Mais ne vous suicidez pas tout de suite, car dans chacune de ces situations, vous avez observé un phénomène physique vital : la tension de surface. Vie de grâce ! Je vous propose aujourd'hui de comprendre comment fonctionne la tension de surface, avec un petit article plein d'expériences. En bonus : un instant biblique par paragraphe, pour allier spiritualité et travaux pratiques.

mardi 2 décembre 2014

Beautiful Science #4

Presque aussi attendu que la reprise de Game of Thrones, voici enfin l'épisode 4 de Beautiful Science ! Et comme dans la série, vous y trouverez forcément votre compte : c'est un concentré de tout ce qui peut plaire, combats de nains et scènes de sexe mis à part. Comme dans le tout premier épisode, j'ai laborieusement tenté de créer une petite promenade visuelle, de façon à regrouper les motifs et les couleurs similaires. On passe donc du microscopique au cosmique sans aucun souci de cohérence, comme dans Interstellar. C'est totalement gratuit, je ne l'ai pas vu. Bonne balade !

lundi 3 novembre 2014

Blagues à caractère scientifique #1

Avec plus d'un an de retard, je livre ma contribution à la chaîne de billets initiée par Rock’N Science et portant sur les blagues scientifiques. Tout comme SSAFT je préfère les dessins, et de toute façon, je raconte mal. Plus drôle avec un chapeau. Alors je balance les quelques images et strips que j'ai glanés sur le net..  Malheureusement, ils sont en anglais, mais la plupart est très accessible et il y en a pour tous les goûts. J'en profite aussi pour vous renvoyer vers l'incontournable page de Strip Science, où vous trouverez le fleuron de l'illustration scientifique dans la langue de Molière.

dimanche 19 octobre 2014

Quelques petites choses au sujet du colibri : records, anatomie et évolution

Crédits : Priscilla Burcher
C'était l'été, et nous dévalions tant bien que mal les marches étonnamment mal taillées des ruines de Písac, dans la glorieuse vallée de Cuzco. Le soleil de fin d'après midi dorait les herbes des minces terrasses, vestiges de l'activité agricole du peuple Quechua. 

C'était un de ces instants prisés entre tous, quand tout est silencieux et immobile, chaud et lumineux, que l'on savoure avec la conscience aiguë de son absolue et éphémère perfection. Nous décidâmes de faire une halte bien méritée. C'est alors qu'à quelque pas de nous, une créature insensée fit son apparition ; un colibri qui, en un éclair bleu-vert, butina le nectar de trois fleurs de cactus. Quelques secondes plus tard, l’aberration colorée avait disparu et le soleil se couchait sur la vallée. Tout ça pour dire que j'ai vu un colibri et que ça déchire.

mercredi 1 octobre 2014

Le Salar d'Uyuni - le désert de sel de Bolivie : géologie et hexagones

Comme Taupo en Australie ou plus récemment Dr Goulu avec le mal de l'altitude, je me lance dans les comptes-rendus (scientifiques) de voyage. Cet été, j'ai en effet eu la chance de partir quelques semaines en Bolivie et au Pérou, où j'ai fait le plein d'idées, de questions et de troubles intestinaux (je parlerai de ces derniers en temps voulu). Voici donc un petit billet consacré à l'une des premières étapes de notre voyage : le Salar d'Uyuni. Cet immense désert de sel, perché à 3658 mètres d'altitude sur les hauts-plateaux de Bolivie, est non seulement un des plus beaux endroits sur Terre, mais aussi un très bon sujet d'article : on va pouvoir parler géologie pour expliquer sa formation, et physique pour comprendre pourquoi ce désert est pavé d’hexagones. Que du bon !
Lorsqu'il pleut, le Salar d'Uyuni devient un miroir géant !

mercredi 13 août 2014

La météo du système solaire. Épisode 2 : Jupiter et Saturne

Résumé de l'épisode précédent, consacré à Mercure, Vénus et Mars : la météo ailleurs est vraiment pourrie, on est bien sur Terre, sauf à Paris. Je poursuis aujourd'hui avec la météo de deux "géantes gazeuses", ces planètes énormes qui gravitent loin du Soleil. Et autant vous le dire tout de suite : c'est pas vraiment mieux. Si vous passez vos vacances dans le coin, c'est l'occasion de tester votre kite-surf en titane et votre paddle pour hydrogène métallique !

mardi 22 juillet 2014

10 petites histoires extraordinaires chez nos amies les fourmis

Incroyable ! Je n'ai quasiment jamais parlé de fourmis sur ce blog ! Réparons cette atroce injustice sur le champ. Dans ce billet, je vous propose de découvrir dix petites histoires incroyables au sujet de ces fascinants insectes. Je vous épargne les classiques "une fourmi peut porter 50 fois son poids" et "la masse de fourmis sur Terre équivaut à celle des humains" :) A la place, et entre autres histoires insolites : symbiose, esclavage, philosophie, et vampirisme ! Bonne lecture :)

dimanche 29 juin 2014

Une expérience cool et esthétique avec de l'alcool et du lait

C'est dimanche, il pleut, et vous avez épuisé vos derniers recours en termes de distractions légales ? J'ai la solution : une expérience facile, complètement inutile mais tellement cool que vous en oublierez presque votre alcoolisme dominical : verser de la crème de cassis dans du lait ! Ça marche avec d'autres boissons alcoolisées ; plus ils sont colorés, mieux c'est ! Et comme je suis d'humeur généreuse, j'ai bricolé une petite vidéo en 2-4-6 comme dirait mon père.